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The Majority Strike in Public Opinion [La grève majoritaire dans l’opinion]

Mouvement social . Selon un sondage CSA pour l’Humanité, 54 % des Français expriment leur soutien à la mobilisation du 18 octobre.  Les diversions du gouvernement sont mises à mal.

Et si la tendance s’inversait. . .  Pour la première fois, une majorité de Français soutient la journée d’action du 18 octobre contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.  C’est ce qui ressort d’un sondage exclusif de l’Institut CSA pour l’Humanité : 54 % des personnes interrogées disent « soutenir » ou « avoir de la sympathie » pour le mouvement.  Et, fait notable, seuls 26 % se disent désormais « opposés » ou « hostiles ».  Pourtant, il y a une semaine encore, 53 % d’entre eux jugeaient la grève « pas justifiée », et à la mi-septembre ils étaient 74 % à se déclarer favorables à un alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général.

Ils rejoignent le secteur public

En première ligne, les employés du secteur public se disent bien sûr fortement solidaires (69 %) du mouvement de jeudi.  Mais la sympathie pour le 18 octobre gagne aussi d’autres catégories comme les chômeurs (54 %), les retraités (57 %), les cadres et professions libérales (60 %), ou encore la tranche d’âge des 25-29 ans (55 %).  S’il y a des disparités régionales, avec notamment des pics dans le Nord (63 %), l’Ouest et la côte méditerranéenne (59 %), le curseur de sympathie est partout en hausse.  Des villes aux communes rurales en passant par les banlieues, les sondés jugent d’un bon oeil la mobilisation du 18 octobre.

Alors peut-on parler d’un revirement de l’opinion publique ?  « Ce serait très exagéré », estime Jean-Daniel Lévy, l’auteur de cette enquête pour le CSA.  « Ce n’est pas parce que les gens ont répondu favorablement à notre question qu’ils adhèrent complètement à la cause.  Aujourd’hui, une grande partie de la population est persuadée que si rien n’est fait, le système actuel va péricliter.  Les interrogés sont inquiets quant à l’avenir du système, quant à la capacité du gouvernement de transformer le problème en solution mais cela ne veut pas forcément dire qu’ils rejettent en bloc les pistes avancées. »

même pourcentage qu’en novembre 1995

54 % d’opinions favorables, selon ce sondage réalisé le 10 octobre. . .  Soit le même pourcentage qu’en novembre 1995, au début du mouvement contre la réforme des régimes spéciaux de retraite voulue par le gouvernement d’Alain Juppé.  Une similitude de bon augure ?  Pour ce premier rendez-vous de la rue depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, certaines lignes traditionnelles semblent en effet avoir la dent dure.  Ainsi, près de 20 points séparent le taux de sympathie dans le secteur public (69 %) de celui dans le secteur privé (49 %).  Pour « contraindre le gouvernement à retourner à la table des négociations », selon les mots mêmes de Bernard Thibault hier sur France 2, un des principaux enjeux pour les syndicats sera donc de réduire cet écart.

Social movement.  According to a CSA survey for the Humanité, 54% of the French express their support for the mobilization of 18 October.  The diversions of the government are defeated.

And if the tendency reversed itself. . . .  For the first time, a majority of French support the day of action of 18 October against the reform of the special retirement plans.  It is what shows up in the CSA Institute’s exclusive survey for the Humanité: 54% of the surveyed say they “support” or “have sympathy” for the movement.  And, what is noteworthy, only 26% say they are now “opposed” or “hostile.”  However, only a week ago, 53% of them considered the strike as “not justified,” and in mid-September 74% declared they were in favor of an alignment of the special retirement plans with the general plan.

They Are Joining the Public Sector

On the front line, public sector employees say they are of course strongly in solidarity (69%) with the movement of Thursday.  But sympathy for the 18 October action also prevails in other categories like the unemployed (54%), pensioners (57%), salaried employees and liberal professions (60%), and 25-29 year olds (55%).  If there are regional disparities, with notable peaks in the North (63%), in the West (59%), and on the Mediterranean Coast (59%), the cursor of sympathy is everywhere on the rise.  From cities to suburbs to rural communities, survey respondents judge the 18 October mobilization in a favorable light.

Then, can we speak of a shift in public opinion?  “That would be very much an overstatement,” assesses Jean-Daniel Lévy, the author of this CSA survey.  “It is not that, because people favorably answered our question, they completely support the cause.  Today, the bulk of the population are persuaded that, if nothing is done, the current system will collapse.  Respondents are anxious about the future of the system, as well as about the capacity of the government to transform the problem into a solution, but that doesn’t necessarily mean that they reject the proposed solutions outright.”

Same Percentage as November 1995

54% of favorable opinions, according to this survey carried out on 10 October 10. . . .  That is to say, the same percentage as November 1995, at the beginning of the movement against the reform of the special retirement plans demanded by the Alain Juppé government.  Does the similarity augur well?  For this first rendezvous in the street since the election of Nicolas Sarkozy to the Élysée, certain traditional lines indeed seem to be especially critical.  Thus, nearly 20 points separates the rate of sympathy in the public sector (69%) from that in the private sector (49%).  To “force the government to return to the negotiation table,” in the words of Bernard Thibault yesterday on France 2, one of the main issues for the trade unions will be thus to reduce this gap.

CGT
Strike and Demonstration, Paris, Thursday, 18 October 2007, Day of Action for Defense of Retirement and Public Service and against Anti-Social Politics of Sarkozy.   Photo by Patrice Leclerc.


This article was first published in l’Humanité on 17 October 2007.  Translation by Yoshie Furuhashi (@yoshiefuruhashi | yoshie.furuhashi [at] gmail.com).

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