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Confront the Economic Program of Sanioura [Faire face au programme économique de Sanioura]

Le Bureau politique du Parti Communiste libanais a tenu une réunion extraordinaire afin de débattre de la situation économique qui prévaut dans le pays et des mesures prises dernièrement par ce qui reste du gouvernement de Fouad Sanioura en préparation à la troisième conférence qui se tiendra, le 25 janvier, à Paris. Il a publié le communiqué suivant concernant la question :

Le Bureau politique du parti Communiste libanais voit dans le soi-disant projet « de développement, de reconstruction et de réforme », adopté par le gouvernement libanais en préparation à la « Conférence Paris-3 », une fuite en avant qui tente d’ignorer la crise profonde qui sévit dans le pays et les divisions profondes qui en sont une conséquence directe.  De plus, l’adoption du projet, lors de la réunion tenue le jeudi 4 janvier, s’oppose à la volonté et aux intérêts de la moitié des Libanais, au moins, parce qu’il contient des promesses et des obligations concernant le vote de mesures et de directives qui toucheront de près les intérêts de tous les Libanais.

Le Bureau politique du PCL trouve que le gouvernement actuel dirigé par Fouad Sanioura, ou ce qu’il en reste, est un gouvernement illégal et anticonstitutionnel, en butte à une opposition populaire qui refuse, non seulement ses politiques et ses pratiques, mais aussi le principe même de son existence.  Surtout que ce gouvernement fait fi de l’opinion publique et des revendications populaires en adoptant un programme économique que cette opinion avait déjà refusé sous le nom de « Programme de Beyrouth-1 ».

D’ailleurs, le comportement du gouvernement approfondit les divisions déjà existantes et impose au peuple libanais une politique qui n’aura pas de grands effets sur les problèmes véritables auxquels le Liban est soumis.  Bien au contraire !  Les soi-disant réformes adoptées ne sont autres que de nouvelles garanties données aux Etats donneurs que Sanioura est prêt à adopter toutes les mesures financières, monétaires et économiques allant dans le sens des diktats du FMI et de la Banque mondiale, même si ces mesures feront endosser à ce qui reste de la classe moyenne et à tous les salariés le prix de l’énorme dette publique contractée dans les années quatre-vingt-dix…  Sans oublier tous les méfaits qui pourraient relever de l’application des privatisations et de l’ouverture du Liban à l’afflux des capitaux étrangers, puisque c’est sur de telles bases que le gouvernement de Sanioura se présente devant les donneurs, surtout qu’une partie de la dette publique, soit 20 milliards de dollars, doit être restituée durant les deux années à venir, c’est-à-dire avant la fin de 2008…

Et, si le Premier ministre a essayé, lors de la présentation de son ancien programme renouvelé, d’accuser l’opposition d’avoir retardé la mise à exécution de son programme, il a surtout voulu, en tirant sur l’opposition actuelle, camoufler les dangers qui attendent le peuple libanais et qui le mèneront, si le programme gouvernemental est appliqué, à une mort certaine.

Voilà pourquoi le Parti Communiste libanais réitère son refus du programme économique appelé aujourd’hui « Paris-3 », parce que c’est un programme qui met le sort et la survie du Liban aux mains d’un petit groupe de nantis, surtout qu’il ne présente aucune preuve valable sur les possibilités d’un développement économique qui aboutirait à la création de nouveaux emplois et, par suite, à l’atténuation progressive des conditions de vie difficiles ; ce qui aurait pour effet de diminuer le chômage ainsi que l’émigration des jeunes.

Le PCL, vu tous ces dangers, a décidé de faire face à ces pratiques socio-économiques bien connues et toujours renouvelées, et cela à travers des activités tant politiques que populaires.

Il fait appel à toutes les forces populaires et syndicales lésées par un tel programme de participer à ces activités.

Le Bureau politique du PCL tiendra, à cet effet, une conférence de presse, le mercredi prochain (10 janvier), durant laquelle le Secrétaire général exposera les démarches visant à mettre un terme à ce plan.

Le Bureau Politique du PCL
Beyrouth, le vendredi 5 janvier 2007

The Political Bureau of the Lebanese Communist Party [Parti Communiste libanais — PCL] held an extraordinary meeting in order to discuss the economic situation that prevails in Lebanon and measures taken recently by what remains of the government of Fouad Sanioura in preparation for the third donor conference to be held, on 25 January, in Paris.  It published the following official statement concerning the question:

The Political Bureau of the Lebanese Communist Party sees the so-called project of “development, reconstruction, and reform,” adopted by the Lebanese government in preparation for the “Paris 3 Conference,” as the government’s desperate attempt to ignore the profound crisis raging in the country and deep divisions that are a direct consequence of it.  Moreover, the adoption of the project, at the meeting held on Thursday, 4 January, is opposed to the will and interests of at least half the Lebanese, because it contains promises and obligations concerning the vote for measures and directives that will directly affect the interests of all the Lebanese.

The PCL Political Bureau finds that the current government led by Fouad Sanioura, or what remains of it, is an illegal and anti-constitutional government, politically exposed to the popular opposition who rejects not only its policies and practices but also even the principle of its existence.  That is all the more so because this government flouted the public opinion and popular demands by adopting an economic program that the public had already rejected when it was presented under the title of the “Program of the Beirut 1 Conference.”

Moreover, the conduct of the government deepens the already existing divisions and imposes on the Lebanese people a policy that will not have any positive effects on the actual problems to which Lebanon is subjected.  Quite to the contrary!  The so-called reforms that have been adopted are none other than new guarantees given to the donor States that Sanioura is ready to adopt all the financial, monetary, and economic measures that go in the direction of the IMF and the World Bank’s diktats, even if these measures will make what remains of the middle class and all the wage workers pay the price of the enormous national debt contracted in the nineties. . . .  Let’s not forget all the malfeasances that pertain to the application of privatizations and the opening of Lebanon to the inflow of foreign capital, since it’s on such bases that the Sanioura government presents itself before the donors, especially because a part of the national debt, 20 billion dollars to be precise, must be repaid in the two years to come, i.e. before the end of 2008. . . .

And the Prime Minister, presenting his same old program in new guise, sought to accuse the opposition of delaying the implementation of his program.  He did so because, above all, he wanted, by sniping at the current opposition, to camouflage the dangers that await the Lebanese people and that will lead them, if the government’s program is applied, to certain death.

Here’s the reason why the Lebanese Communist Party reiterates its rejection of the economic program called “Paris-3” today: it is a program that puts the destiny and survival of Lebanon into the hands of the rich few, especially since it demonstrates no valid proof of possibilities of economic development that would lead to creation of new jobs and, consequently, to the gradual alleviation of difficult living conditions, i.e., what would diminish unemployment as well as emigration of young people.

The PCL, considering all these dangers, decided to confront these well-known and constantly repeated socio-economic practices — through actions that are political as well as popular.

It calls upon all the popular and trade union forces harmed by such a program to take part in these actions.

The PCL Political Bureau will hold, for this purpose, a press conference next Wednesday (10 January), where the Secretary General will reveal the steps aimed at putting an end to the government’s plan.

The Political Bureau of the PCL

Beirut, Friday, 5 January 2007


The French text of the statement of the Lebanese Communist Party was published in Al-Oufok on 6 January 2007.  Translation by Yoshie Furuhashi (@yoshiefuruhashi | yoshie.furuhashi [at] gmail.com).
See, also, Mohamad Bazzi, “People’s Revolt in Lebanon,” The Nation 8 January 2007 (available online since 20 December 2006) and Associated Press, “Lebanon’s Labor Unions Call for a Sit-in to Protest Proposed Tax Hikes,” 6 January 2007.

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