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Jacques Chirac Minimizes the Threat of an Iranian Nuclear Bomb [Jacques Chirac minimise la menace d’une bombe nucléaire iranienne]

Jacques Chirac a fait, lundi 29 janvier, au sujet du programme nucléaire de l’Iran et de ses conséquences possibles au Moyen-Orient, une série de déclarations tranchant avec le discours habituel de la diplomatie française sur ce dossier.  Il parlait à des journalistes du Nouvel Observateur, du New York Times et du International Herald Tribune. Le président français s’est ensuite rétracté, le lendemain, après avoir invité les mêmes médias à l’Elysée dans le but de rectifier ses propos.

Jacques Chirac avait dans un premier temps, lundi, évoqué un scénario où l’Iran parviendrait à se doter de la bombe atomique, déclarant : “Je dirais que ce n’est pas tellement dangereux par le fait d’avoir une bombe nucléaire – peut-être une deuxième un peu plus tard, bon… ça n’est pas très dangereux.  Mais ce qui est dangereux, c’est la prolifération.  Ça veut dire que si l’Iran poursuit son chemin et maîtrise totalement la technique électronucléaire, le danger n’est pas dans la bombe qu’il va avoir, et qui ne lui servira à rien…  Il va l’envoyer où, cette bombe ? Sur Israël ?  Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée.”

L’entretien accordé lundi par le président français devait avoir pour thème central la conférence sur l’environnement organisée à Paris, le 2 et 3 février, mais M. Chirac a été interrogé de façon impromptue sur l’Iran.  Le lendemain, mardi, le président français revenait sur ces propos en affirmant qu’il pensait s’être exprimé en “off”, c’est-à-dire sans que les journalistes puissent le citer, et qu’il avait eu “une manière un peu schématique de parler”.  “J’ai eu un mot rapide, et je retire naturellement, quand j’ai dit : “on va raser Téhéran”.  C’est évidemment une boutade dans mon esprit… mais bon.  Je n’imagine pas que l’on puisse raser Téhéran !”

M. Chirac a précisé avoir eu à l’esprit, en parlant d’une attaque hypothétique sur Téhéran, le principe de la dissuasion nucléaire.  Il affirmait mardi : “Il est évident que si un acte agressif indiscutable, c’est-à-dire l’envoi d’une bombe par une fusée porteuse, avait lieu (et cette bombe serait, je le répète, automatiquement détruite avant même d’avoir quitté le sol iranien ou en tout cas le ciel iranien), il est évident qu’il y aurait sans aucun doute des mesures de coercition, de mesures de rétorsion forcément.  Ça fait partie de la dissuasion nucléaire.”

Par ailleurs, le président français est revenu mardi sur des phrases prononcées lundi sur les répercussions régionales d’une éventuelle bombe iranienne.  Il avait déclaré lundi : “Ce qui est dangereux, c’est la prolifération, et c’est tout de même tentant, pour d’autres pays qui ont de gros moyens financiers dans la région, de dire “eh bien, nous aussi, on va le faire, ou on va aider d’autres à le faire”. Pourquoi l’Arabie saoudite ne le ferait pas ? Et pourquoi n’aiderait-elle pas l’Egypte à le faire également ? C’est ça le danger.”

Mardi, M. Chirac déclarait qu’il retirait ces propos. “Je me suis laissé aller parce que je croyais que c’était en off, à dire que l’Arabie saoudite ou l’Egypte pourraient être tentées de suivre cet exemple.  Je retire naturellement, car ni l’Arabie saoudite ni l’Egypte n’ont fait la moindre déclaration sur ces sujets, et donc ce n’est pas à moi de les faire.”

M. Chirac, qui avait qualifié, lundi, l’Iran de “régime un peu fragile” ayant “peur d’être contesté”, n’a pas repris cette expression mardi, décrivant plutôt l’Iran comme une “nation importante et qui compte”.  Lundi, il avait formulé une critique en demi-teinte à l’encontre des Etats-Unis, indiquant que si les dirigeants iraniens cherchaient à “avoir la maîtrise du nucléaire militaire”, leur motivation pouvait être en partie de se prémunir contre “de mauvaises surprises susceptibles, à un moment ou un autre, de déstabiliser le régime des mollahs”. Le régime des mollahs, avait-il dit, craint d’être “contesté ou menacé par la communauté internationale.  Et la communauté internationale, c’est qui ?  C’est les Etats-Unis”.

Le président français a par ailleurs mis en garde, mardi, contre une escalade dans les sanctions votées contre l’Iran par le Conseil de sécurité de l’ONU, le 23 décembre 2006.  Evoquant la résolution 1737 frappant l’Iran de sanctions, M. Chirac a commenté : “Nous nous trouvons dans une situation qui est quand même confuse.  Bien entendu, on peut procéder en allant de plus en plus loin, de plus en plus haut dans les réactions de chaque côté.  Ce n’est certainement pas notre pensée et notre intention.”

M. Chirac avait envisagé de dépêcher en janvier le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, à Téhéran, pour parler notamment du Liban. Aucun des partenaires de la France traitant du dossier nucléaire iranien n’avait été prévenu de cette démarche.  M. Chirac avait ensuite, lors d’un entretien à Paris le 25 janvier avec la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, “rappelé la position de la France qui souhaite que l’Iran respecte ses obligations”, en suspendant l’enrichissement d’uranium, qui pourrait avoir des visées militaires.

Jacques Chirac made, on Monday, 29 January, a series of declarations on the nuclear program of Iran and its possible consequences in the Middle East that contrast sharply with usual French diplomatic discourse on this issue.  He spoke to journalists of the Nouvel Observateur, the New York Times, and the International Herald Tribune.  The French president then retracted, the following day, after having invited the same media to the Elysée with an aim of correcting his remarks.

Jacques Chirac, initially on Monday, evoked a scenario where Iran would manage to obtain an atomic bomb, declaring: “I would say that it is not so dangerous for the fact of having a nuclear bomb — perhaps a second one a little later — well, that is not very dangerous.  But what is dangerous is proliferation.  That means that, if Iran pursues its course and masters nuclear technology completely, the danger is not in the bomb that it will have, which will not be useful to it at all.  Where will it drop this bomb?  On Israel?  It will not have gone 200 meters in the atmosphere before Tehran will be razed.”

The interview granted by the French President on Monday was to have the 2-3 February conference on the environment organized in Paris as its central subject, but Mr. Chirac was questioned impromptu on Iran.  On the following day, Tuesday, the French President went back on these remarks by claiming that he thought he had expressed them “off” the record, i.e. without journalists being able to quote them, and that he had done so in “a little oversimplified way of speaking.”  “I made a quick remark, and I naturally take it back, when I said: ‘we will raze Tehran.’  It is obviously a vagary of my spirit . . . but, really.  I do not imagine that we can raze Tehran!”

Mr. Chirac clarified that he had in mind, while speaking about a hypothetical attack on Tehran, the principle of nuclear deterrence.  He maintained on Tuesday: “It is obvious that if an indisputably aggressive act, i.e. launching a bomb by a booster rocket, took place (and this bomb would be, I repeat, automatically destroyed before it even left the Iranian soil or in any case the Iranian sky), it is obvious that there would be undoubtedly measures of coercion, retaliatory measures, of course.  That is part of nuclear deterrence.”

In addition, the French President reconsidered on Tuesday the statements he made on Monday concerning the regional repercussions of a possible Iranian bomb.  He declared on Monday: “What is dangerous is proliferation, and it is all the same tempting, for other countries that have large financial means in the region, to say, ‘Ah, well, us too, we will do it, or we will help others do it.’  Why wouldn’t Saudi Arabia do it?  And why wouldn’t it help Egypt to do it, too?  That’s the danger.”

On Tuesday, Mr. Chirac declared that he retracted these remarks.  “I let myself go because I believed that it was off the record and say that Saudi Arabia or Egypt could be tempted to follow this example.  I withdraw my remark, naturally, because neither Saudi Arabia nor Egypt made the slightest statement on these subjects, and therefore it is not for me to make them.”

Mr. Chirac, who characterized Iran, on Monday, as “regime that is a little fragile,” “afraid of being contested,” did not reprise this expression on Tuesday, describing Iran instead as an “important nation that matters.”  On Monday, he formulated a subtle criticism of the United States, pointing out that, if the Iranian leaders sought to “master military nuclear power,” their motivation could be partly to protect themselves from “bad surprises, at one moment or another, likely to destabilize the regime of mullahs.”  The regime of mullahs, said he, fears “being contested or threatened by the international community.  And who is the international community?  It’s the United States.”

The French President moreover warned, on Tuesday, against escalation of the sanctions against Iran voted for by the UN Security Council on 23 December 2006.  Mentioning Resolution 1737 that hit Iran with sanctions, Mr. Chirac commented: “We are in a situation which is nevertheless confused.  Of course, one can proceed by going farther and farther, more and more escalating the reactions of each side.  That is certainly not our thought and intention.”

Mr. Chirac planned to dispatch the French Minister of Foreign Affairs Philippe Douste-Blazy to Teheran in January, to speak about Lebanon in particular.  None of the partners of France dealing with the Iranian nuclear issue had been informed of this step.  Mr. Chirac, later, during a talk with the American Secretary of State Condoleezza Rice in Paris on 25 January, “reiterated the position of France which hopes that Iran will respect its obligations” by suspending uranium enrichment, which could have military goals.


This article appeared in Le Monde on 1 February 2007.   Translation by Yoshie Furuhashi (@yoshiefuruhashi | yoshie.furuhashi [at] gmail.com).

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