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Nadia Cherabi, Producer-Director: A Regard for the World and Human Beings [Nadia Cherabi. Productrice-réalisatrice: Un regard sur le monde et les êtres

Aussitôt achevées ses études de sociologie, elle s’est précipitée sur le cinéma.  Sans doute achevée pour y trouver des moyens vivants d’interroger notre société et de porter un regard sur les choses mais surtout les êtres, mettant en valeur ceux qui émergent en dépit des modèles formatés.

Vous vous êtes signalée par un docu-fiction sur l’exil à Béjaïa jusqu’à sa mort en 1941, du président portugais Teixeira Gomes.  Comment ce sujet vous est-il venu ?

Je voulais faire un film sur En Nacer, fondateur de la dynastie des Hammadites.  J’étais fascinée par l’histoire de ce souverain.  Au faîte de sa puissance, il a quitté brusquement le trône, s’est retiré sur une petite île non loin de Béjaïa, renonçant aux vanités du pouvoir pour une vie de méditation religieuse et de réflexion.  En préparant ce projet, j’ai découvert alors ce séjour, presque inconnu de tous, de Manuel Teixeira Gomes dans la même ville et cette sorte de répétition de l’histoire, neuf siècles après.  L’attraction exercée par la ville de Béjaïa m’a toujours frappée, une ville qui rayonnait sur la Méditerranée au XIe siècle, où les savants d’Orient et d’Occident venaient étudier les mathématiques, d’où est parti le chiffre zéro vers l’Europe, etc.  Pendant deux ans, j’ai fait des recherches dans les bibliothèques sur le séjour de Teixeira Gomes, sa correspondance, ses œuvres écrites en Algérie, mais aussi à Lisbonne, Portimao (sa ville natale) et à Paris.  J’ai découvert un homme politique pris dans la tourmente d’une page douloureuse de l’histoire du Portugal.  Mais aussi un être de sensibilité et de mystère.  Ecrivain, artiste, avec un amour immense de sa patrie mais aussi de la culture arabo-musulmane qui a tant marqué et enrichi son pays, ce qui expliquerait le choix de sa terre d’exil.  Ainsi, le film est devenu, peu à peu, un film sur Teixeira Gomes, les dix dernières années de sa vie dans une chambre d’hôtel à Béjaïa et sur le rapport mystérieux entre l’histoire et l’histoire d’un homme.  J’ai co-réalisé avec Malek Laggoune ce film qui est devenu notre regard sur une vie exceptionnelle.  L’équipe technique et artistique, avec Smaïl Lakhdar-Hamina à l’image, s’est aussi beaucoup attachée aussi au personnage.  Lorsque le président Bouteflika, en visite officielle au Portugal, lui a rendu un hommage posthume, nous avons eu le sentiment d’avoir, d’une certaine manière, accompli un acte de mémoire, en sortant cet homme de l’oubli et en le « restituant » à son pays.

Il y a eu d’autres documentaires, sur les femmes pêcheurs d’Oran, la jeune fille de Aïn Madhi, ce Japonais amoureux du désert algérien que vous avez filmé au Japon. . .

. . . Que j’ai produit, car le réalisateur de ce dernier documentaire est Ali Fatah Ayadi.  Ils s’inscrivent tous dans une démarche, un regard porté sur le monde et les êtres.  Pour moi, le documentaire est une interrogation sur l’itinéraire singulier d’hommes ou de femmes qui émergent en tant qu’individus.  J’aime beaucoup cette idée d’émergence de l’individu.  Quand on sait combien l’environnement pousse les gens à se conformer à des comportements et des modes de pensées disons formatés, rencontrer des personnes qui existent par elles-mêmes, c’est merveilleux !  En fait, il y a plein de gens intéressants dans le quotidien.  Pour les découvrir, il suffit d’être curieux de l’autre.

Du documentaire, vous êtes passée aux longs métrages de fiction. . .

Au cœur de toute démarche, il y a toujours la question du point de vue.  Documentaire ou fiction, l’intention qui nous guide est celle qui permet de s’interroger sur le rapport aux choses qui nous entourent.  Le meilleur exemple, à mon sens, de l’acceptation d’un monde possible auquel nous sommes prêts à croire, se trouve dans E.T, de Spielberg.

En ce moment, vous avez deux longs métrages sur le feu, si l’on peut dire.  Les deux liés à la condition féminine.  C’est la sociologie qui vous a poussée vers ce thème, ou la femme que vous êtes, ou simplement votre métier de productrice ?

Il n’y a pas eu de choix a priori.  Ces deux films traitent effectivement de situations de grande détresse vécues par des femmes, mais avec des histoires très différentes, sinon il n’y aurait pas deux films.  Les circonstances et le hasard donnent une signification aux choses a posteriori.  L’envers du miroir, à l’origine « Mimouna », je l’ai réalisé à partir du scénario de Sid Ali Mazif sur une jeune femme qui, pour des raisons d’abord inconnues, abandonne son enfant.  Derrière chaque femme que nous voyons accroupie à même le sol, un enfant dans les bras, il y a souvent l’histoire lourde d’un être auquel il est si facile de jeter la pierre.  Il a été tourné en Algérie et la post-production s’est faite en Syrie.  Il ne reste plus que quelques finitions de mixage à Paris.  Des circonstances particulières ont fait que j’ai dû m’atteler à sa réalisation.  C’est un baptême du feu inattendu mais je ne le regrette pas.  La cerise sur le gâteau, c’est que j’ai pu en tirer aussi un feuilleton télévision.  Ce fut dur mais possible.  Il sera donc au rendez-vous avec le public.  Pour Vivantes ! de Saïd Ould Khelifa, tourné entièrement en Algérie, ma première satisfaction, c’est que nous n’avons pas dépassé d’un seul jour le calendrier de tournage. La post-production doit débuter à Paris prochainement.

Quelle est la vie quotidienne d’un producteur de cinéma en Algérie ?  Une aventure, une galère ?  Racontez-nous une journée-type. . .

A vrai dire, c’est une longue « journée » qui dure le temps d’un film. . .  Au départ, la rencontre avec le réalisateur pour explorer le sujet et sa faisabilité. Une partie de ping-pong.  Le scénario circule de l’un à l’autre jusqu’à l’élaboration du premier jet.  Je monte alors au créneau, après un premier chiffrage, pour le financement.  En l’état actuel, les « guichets » sont vite trouvés, la télévision nationale et le ministère de la Culture.  Mais cela ne suffit pas.  Il faut prospecter les sponsors potentiels, les organismes publics qui peuvent aider.  Je dois faire contrôler la caméra 35mm et ses objectifs en France car, hélas, cela ne se fait pas chez nous !  Comme toutes les activités regroupant plusieurs corps de métiers, le cinéma requiert de l’organisation, de la discipline et un esprit de décision.  Avec une bonne préparation, il y a beaucoup de raisons d’être confiant, mais autant pour être inquiet.  Le moindre grain de sable peut perturber une journée de tournage et retarder tout le film !  Et puis, la post-production se fait surtout à l’étranger.  Donc, après tant d’appels et d’e-mails, il faut se déplacer pour négocier, essayer de jouer de la concurrence entre les labos et auditoriums.  C’est au dinar près.  On doit pouvoir faire le film avec l’argent qu’on a, mais pas dans n’importe quelles conditions, car au bout, il y a le public et ses exigences à respecter.  Parallèlement, il faut faire connaître le projet dans les festivals qui organisent des sessions spéciales afin de lui trouver un financement complémentaire.  Dernièrement, nous étions de nombreux Algériens à Locarno et à San Sebastian où nos projets ont été sélectionnés.  Le travail de post-production dure, en moyenne, 5 à 6 mois. Donc, là aussi, il faut être sur la brèche.  Ensuite, préparer la couverture médiatique de la sortie nationale, organiser des projections pour les distributeurs afin de dénicher l’oiseau rare qui va diffuser votre film en Algérie et si possible à l’étranger. Une longue « journée », non ?

Comment, selon-vous, peut-on relancer le cinéma en Algérie ?

Il faut penser toute la chaîne cinématographique. Songer peut-être à des incitations fiscales, réhabiliter le réseau de diffusion, construire des multiplexes, etc.  Le cinéma est créateur d’emplois.  La chaîne de transmission des métiers s’est effilochée une décennie durant.1  Résultat : nous ne pouvons constituer plus de deux équipes de tournage à la fois !  Nous devons veiller à la mise à niveau dans tous les domaines, nous adapter aux mécanismes actuels de financement des films.  Il est temps que l’on comprenne, une fois pour toutes, que ce financement ne peut plus être seulement local.  Le partenariat existe dans les autres secteurs, pourquoi pas dans le cinéma ?  Pour peu que nous soyons au fait des subtilités de ce marché qui reste accessible, je le pense.  Les films iraniens, par exemple, ont trouvé des compléments financiers à Rotterdam, Cannes, Berlin, San Sébastian, etc.  Peut-être bientôt à Dubaï ou à Marrakech.  Nos exploitants de salles doivent investir dans la publicité.  Là, il y a nécessité de redéfinir la notion de service public à partir d’un cahier des charges.  L’animation de nos villes, c’est aussi cela.  Tout cela existait dans les années 1970, donc. . .  Dans d’autres pays, les municipalités aident à la maintenance des salles.  Là où il y a des images et de la lumière, il y a moins d’insécurité, non ?  D’une manière générale, l’exemple du cinéma marocain est là pour nous stimuler.  Aujourd’hui, les films étrangers tournés au Maroc rapportent plus d’un milliard de dollars à ce pays !  Quant aux films marocains, même les plus controversés rapportent plus que les blockbusters américains.  Marock de Leïla Marrakchi a rapporté plus de 3 millions de dirhams, laissant loin derrière, Da Vinci Code !  Tout cela grâce à une vision et à Noureddine Saïl, ex-critique de cinéma et patron de chaîne TV, placé à la tête du secteur.  Chez nous, toutes ces questions et d’autres peuvent être traitées par des associations professionnelles qui deviendraient une force de propositions en sériant les besoins des professionnels et en portant aux pouvoirs publics nos demandes et notre vision.  Le temps n’est plus au bilan, nous l’avons fait maintes et maintes fois.

BIO-EXPRESS

Après des études de sociologie à l’université d’Alger, Nadia Cherabi a soutenu, en 1987 à la Sorbonne, un doctorat en arts du spectacle (option cinéma).  De 1978 à 1994, elle a travaillé à la direction de la production du Centre algérien de l’industrie cinématographique, dissous (CAIC).  En 1991, à l’Agence nationale des actualités filmées, également dissoute ! (ANAF), elle est assistante-réalisatrice de Ahmed Laâlem.  En 1994, elle crée sa société, Procom International. Vice-présidente de Nouba, association algérienne des femmes productrices et réalisatrices, elle a été élue en octobre 2006, à Barcelone, au conseil de l’APIMED (producteurs indépendants méditerranéens).

As soon as her study of sociology was completed, she embarked on cinema.  Completed, no doubt, to find in cinema the vibrant means to question our society and to observe all things, but especially human beings, highlighting those who emerge in spite of fixed patterns.

You are distinguished by a docu-fiction on the exile of Portuguese President Teixeira Gomes to Béjaïa until his death in 1941.  How did this subject come to you?

I wanted to make a film on En Nacer, founder of the Hammadite dynasty.  I was fascinated by the history of this sovereign.  At the pinnacle of his power, he left the throne abruptly, withdrawing himself to a small island not far from Béjaïa, renouncing the vanities of power for a life of religious meditation and reflection.  While preparing for this project, I discovered the sojourn — almost unknown to all — of Manuel Teixeira Gomes in the same city and a kind of repetition of history, nine centuries afterwards.  I was always struck by the attraction exerted by the city of Béjaïa, a city radiant on the Mediterranean in the 11th century, where the scientists of the East and the West came to study mathematics, from where the number zero traveled to Europe, etc.  For two years, I did research in libraries, on Teixeira Gomes’s sojourn, his correspondence, his works written in Algeria, but also in Lisbon, Portimao (his birthplace), and Paris.  I discovered a politician caught in the storm of a painful page in the history of Portugal.  But also a human being of tenderness and mystery.  A writer and artist, with an immense love of his fatherland but also of the Arab-Muslim culture that marked and enriched his country so much, which would explain the choice of his land of exile.  Thus, the film became, little by little, a film on Teixeira Gomes, the last ten years of his life in a hotel room in Béjaïa, and on the mysterious relationship between history and the story of a man.  I co-directed this film with Malek Laggoune, and the film became our regard for an exceptional life.  The technical and artistic team, with Smaïl Lakhdar-Hamina as cinematographer, were also very much attached to the character.  When President Bouteflika, on an official visit to Portugal, paid posthumous homage to him, we had the feeling, in a certain way, of having accomplished an act of commemoration, by rescuing this man from oblivion and by “restoring” him to his country.

There were other documentaries, on the fisherwomen of Oran, the girl of Aïn Madhi, a Japanese man in love with the Algerian desert which you filmed in Japan. . . .

. . . Which I produced, because the director of the last documentary is Ali Fatah Ayadi.  They all share an approach, a regard for the world and human beings.  For me, the documentary is an interrogation of the singular path of men or women who emerge as individuals.  I very much like this idea of emergence of an individual.  When one knows how much the environment pushes people to conformed themselves to, let’s say, fixed behaviors and ways of thinking, to encounter people who exist on their own — that is marvelous!  In fact, there are so many interesting people in newspapers.  To discover them, it is enough to be curious about the other.

From documentaries, you moved on to feature-length fiction films. . . .

At the heart of any approach, there is always the question of the point of view.  Documentary or fiction, the intention which guides us is what makes it possible to examine our relations with the things that surround us.  The best example, in my view, of the acceptance of a possible world in which we are ready to believe, is in E.T., by Spielberg.

At this moment, you have two feature-length films on the burner, so to speak.  Both are related to the condition of women.  Is it sociology that pushed you towards this topic, or the fact that you are a woman, or simply your calling as producer?

There was no choice a priori.  These two films indeed treat situations of great distress experienced by women, but with very different stories — if not, there would not be two films. Circumstances and chance give significance to things a posteriori.  As for L’envers du miroir [The Other Side of the Mirror], whose original title is Mimouna, I directed it, starting with Sid Ali Mazif’s scenario about a young woman who, for initially unknown reasons, gives up her child.  Behind each woman whom we see crouching on the bare ground, a child in her arms, there is often a difficult story of a human being at whom it is so easy to cast a stone.  It was shot in Algeria and post-production was done in Syria.  Only a little sound-mixing remains to be done in Paris.  Particular circumstances meant that I really had to work hard on making this film.  It is an unexpected baptism of fire, but I do not regret it.  The icing on the cake is that I could also make a television series from it.  It was hard but doable.  So, it will have an opportunity to engage the public.  About Vivantes! [Women Alive!] by Saïd Ould Khelifa, shot entirely in Algeria, my number one satisfaction is that we didn’t exceed the shooting schedule by even a single day.  The post-production should begin in Paris soon.

What is the everyday life of a movie producer in Algeria like?  An adventure or an ordeal?  Tell us about your typical day. . . .

To tell the truth, it’s a long “day” throughout the making of a film.  At the beginning, the meeting with the director to explore the subject and its feasibility.  A ping-pong match.  The scenario goes back and forth from one to the other until the first draft gets developed.  After the first costing, I then fight tooth and nail for financing.  In the current state, the “bank windows” are quickly found: National Television and the Ministry of Culture.  But that is not enough.  It is necessary to prospect potential sponsors, public organizations that can help.  I must get the 35mm camera and its lenses checked in France because, alas, that is not done in Algeria!  Like all activities gathering several craft associations, film-making requires organization, discipline, and the spirit of decisiveness.  With good preparation, there are many reasons to be confident, but even then there are as many reasons to be anxious, too.  The least grains of sand can upset one day of shooting and delay the completion of the entire film!  And then, post-production is done mostly abroad.  Therefore, after so many phone calls and emails, it is necessary to move around to negotiate, try to manage the competition between labs and studios.  It’s the matter of money.  You must be able to make a film with the money that you have, but not under any conditions, because, in the end, there are the public and their demands that must be respected.  In parallel, it is necessary to give the project exposure at festivals that organize special sessions in order to find complementary financing for it.  Lately, we were among many Algerians at Locarno and San Sebastian where our projects were selected.  The hard work of post-production, on average, lasts 5 to 6 months.  Therefore, there too, you must be ready to fight.  Then, prepare the media coverage of the national release, and organize screenings for distributors in order to catch the rare bird who will distribute your film in Algeria and if possible abroad.  A long “day,” no?

How, according to you, can we revive cinema in Algeria?

We must think about the entire ensemble of film-making.  Perhaps consider tax incentives, rehabilitate the distribution network, build multiplexes, etc.  Cinema is a creator of employment.  The ties through which crafts were once transmitted have frayed for a decade.1  Result: we cannot put together more than two film-making crews at the same time!  We must take care to restructure and upgrade all fields, to adapt ourselves to the current mechanisms of financing of films.  It is time for us to understand, once and for all, that financing can no longer be only local.  Partnership exists in other sectors — why not in cinema?  If we understood subtleties of the market that remains accessible, I would consider it.  Iranian films, for example, found financial complements in Rotterdam, Cannes, Berlin, San Sébastian, etc.  Perhaps soon in Dubai or Marrakech.  Our theater owners must invest in publicity.  There, it is necessary to redefine the concept of public service, starting with specifications.  It’s also a matter of making our cities alive.  All that existed in the 1970s, therefore. . . .  In other countries, municipalities assist in the maintenance of theaters.  Where there are images and light, there is less insecurity, no?  Generally, the example of Moroccan cinema is there to inspire us.  Today, foreign films made in Morocco bring back more than one billion dollars to that country!  As for Moroccan films, even the most controversial make more money than American blockbusters.  Marock by Leïla Marrakchi garnered more than 3 million dirhams, leaving The Da Vinci Code far behind!  All thanks to a vision and Noureddine Saïl, an ex-film critic and owner of a TV network, positioned at the top of the sector.  In Algeria, all these questions and others can be discussed by professional associations that should take initiative by sorting out the needs of professionals and conveying our vision and demands to the authorities.  It’s no longer time for stocktaking — we did that many, many times.

Short Biography

After studying sociology at the University of Algiers, Nadia Cherabi received, in 1987, her doctorate in performing arts (majoring in cinema) from the Sorbonne.  From 1978 to 1994, she worked as a director of production of the Algerian Center of Cinematographic Industry (CAIC), which has been dissolved.  In 1991, at the National Film Newsreel Agency (ANAF) — which has also been dissolved! — she was an assistant-director to Ahmed Laâlem.  In 1994, she created her company, Procom International.  Vice-President of Nouba, an Algerian association of women producers and directors, she was elected to the council of the APIMED (the International Association of Independent Producers of the Mediterranean) in Barcelona in October 2006.

1 Why the decay of Algerian film industry?  Abdelhakim Meziani explains (“Algerian Cinema at a Turning Point,” Locarno Film Festival, 22 September 2005):

The free market economy model being applied in Algeria is prompting some deep grumbling from filmmakers.  According to film critic Djamel-Eddine Merdaci, Algerian cinema faces serious financial difficulties and can’t access the funding needed for ending productions.  And worst still, cinemas across the country are shutting down.  This double death threat for Algerian cinema represents a serious cause for concern.

Ahmed Ouyahia’s government, between 1998 and 1999, took three irreversible measures: it shut down the Centre algérien des arts et de l’industrie cinématographiques (CAAIC), the centre of l’Entreprise nationale de production audiovisuelle (ENPA) and the Agence nationale des actualités filmées (ANAF).


This interview, in French, was published in El Watan on 4 January 2007.  Translation by Yoshie Furuhashi (@yoshiefuruhashi | yoshie.furuhashi [at] gmail.com).



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